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Les drones sont porteurs d'enjeux certains, mais lesquels sont-ils ?

Les enjeux futurs des drones ne peuvent être tous répertoriés. En effet, d'une part parce qu'il est impossible de savoir avec précision ce qu'ils seront, d'autre part, parce que la liste serait bien trop longue. Nous avons donc choisi ici de cibler des enjeux futurs certains, et importants à l'échelle de la planète.

 

 

 

I°/Les drones: acteurs réels dans notre monde

 

 

Les domaines d'utilisation des drones sont nombreux et leur champ d’application sur le long terme n’est pas encore complétement cerné. On peut déjà, pour les missions actuelles, citer :

  • la surveillance et l'observation (études scientifiques, surveillance d'urgence et protection civile);
  • des missions de transport et de travail aérien comme la prise de vues destinées aux applications sans cesse croissantes de l'imagerie;
  • des applications beaucoup plus classiques comme l'épandage à des fins agricoles.

  Un drone d’épandage.

 

  • des missions spécifiques (transport de charges, recherche et sauvetage, soutien à l’aide humanitaire) qui relèvent davantage d'une utilisation privée, donc commerciale, plutôt qu'exclusivement publique;
  • des opérations de marketing, la publicité aérienne par drone devenant de plus en plus fréquente;
  • on peut ajouter l’emploi des drones dans des missions de contrôle, telles que la reconnaissance des frontières, l’évaluation des dommages, la surveillance des feux de forêt, des lignes électriques haute tension et du trafic routier.

 

 

   Un drone chargé de la surveillance des feux de forêt.

 

 

  • l’exploration est une des possibilités majeures offertes par le développement des drones, permettant ainsi le survol des régions éloignées, montagneuses et peu accessibles, des zones de pêche et des routes maritimes très fréquentées et dangereuses.
  • la prise de mesures de toutes sortes, permet de connaitre les niveaux de pollution atmosphérique ou en mer, les tracés terrestres et la cartographie.

 

Il existe bien évidement encore beaucoup d'applications possibles. Les drones sont présents dans de nombreux domaines et utilisés à des fins variées. Leur espace de mise en oeuvre ne cesse de s'agrandir et il est fort probable que, dans un futur proche, les drones finissent par être présents dans chaque domaine de notre vie.

 

Intéressons nous maintenant aux applications futures des drones. Nous avons sélectionné les plus importantes et les plus probables.

 

 


 

 

II°/ Déplacement, livraison : les drones, voyageurs de demain

 

Sa capacité de déplacement, son automatisation possible et sa petite taille font du drone un mode de livraison nouveau : nous pouvons d'ores et déjà imaginer des géants du commerce, tels que Amazon ou EBay, envoyer leurs commandes par drones de livraison (nous sous-entendons là l’utilisation de drones aériens). Les avantages d'une telle organisation seraient considérables: plus de sous-traitance ni par camion, ni par voie postale, facilité pour délivrer le colis (personnalisation des adresses possibles et repérage par cordonnées GPS), rapidité du service, etc. Gain donc de temps et de coût.

En effet, Amazon a déjà effectué ses premiers tests de livraison : avec un drone, en moins de 30 minutes le colis était livré (avec Amazon Prime Air, aux USA). Cette option n'est pas encore disponible, Amazon attendant d'avoir les autorisations de la FAA (Federal Aviation Administration). Le drone est capable de porter des objets pesant jusque  2,2 kg, ce qui représente 86% des livraisons de la firme. Cette génération de drones peut livrer jusqu'à 16 km autour de l'entrepôt. Ils sont autonomes, ils n'ont besoin que des coordonnées GPS pour livrer, personne ne les pilote.

 

Le drone d’Amazon.

 

Nous avons également pu constater que des essais similaires ont été effectués par UPS ou encore par DHL et Google.

Ici une vidéo d'un drone de google. 

 

 

 

De même, des entreprises de l’alimentation offrant un service de livraison y voient un moyen d’acheminer leurs produits directement chez le client en un temps record. C’est le cas  par exemple du fabriquant de pizzas international Domino’s. 

 Une pizza de la société Domino’s livrée par drone.

 

 

Les drones vont donc révolutionner tout ce qui s’apparente aux livraisons et transports,  dans tous les domaines et en profondeur.

 

On peut cependant y voir  dès à présent des limites : la charge pouvant être portée par un drone est limitée, tout ce qui concerne donc des objets supérieurs à leur capacité de port maximale devra continuer à être acheminé de par les moyens utilisés de nos jours. Il est cependant possile d'imaginer des drones de plus grande envergure et soulevant des charges de plus en plus importantes.

De plus, les drones étant pilotés à distance, il est possible de les détourner. Un hackeur, un bandit de l'internet, pourrait ainsi prendre à distance le contrôle d'un drone et l'utiliser à d'autres fins que celles de sa fonction première. Cela représente donc un danger, du point de vue de la sécurité (le drone peut recevoir du hackeur l'ordre d'aller s'écraser quelque part, et ainsi causer des dégâts aux civils et infrastructures), mais aussi de la protection des informations et de la vie privée. En prenant le contrôle du drone, le hackeur peut le récuperer et ainsi avoir accès à quantité d'informations personnelles. Il est très dur de repérer un hackeur, car opérant uniquement par liaisons internet ou autres, il peut brouiller les pistes et cacher sa localisation.

De même, la capacité de transport des drones en font un outil idéal pour la contrebande. Si le drone semble offrir un avenir prometteur pour les firmes de livraison, son potentiel de transport n'a pas échappé au monde de la drogue. Malgrès le faible poid qu'ils sont pour l'instant seulement capable de soulever, la quantité de drogue ainsi transportée représente déjà une somme considérable. La plupart des drones utilisés à ces fins, de petits drones à multihélices, stables et rapides, peuvent soulever une charge allant jusque 6,5 kilos pour certains. Prenons par exemple le cannabis, qui reste la drogue la plus consommée en Europe avec 12,5 millions de personnes en consommant chaque mois, 23 millions dans l'année et 80,5 millions au moins une fois dans leur vie. Le prix de vente moyen de de l'herbe oscille entre 3 et 25 euros le gramme. Un drone emmenant une cargaison de 5 kilos tranporte donc une somme équivalente à plus ou moins 75 000 € (en prenant 15 euros la valeur d'un gramme). Cela peut sempler énorme lorsque l'on se dit qu'un seul drone acheté sur le marché du loisir à bas prix peut transporter tant d'argent, surtout lorsque l'on sait que le service de douane mexicain a révélé avoir intercepté 150 drones en une année.

 

On peut se poser des questions sur l'ampleur que va prendre l'utilisation des drones dans la filliale de la drogue, sachant que les drones gagnent de plus en plus en autonmie et que le nombre de kilomètres qu'ils sont capables de parcourir augmente chaque jour.De la même manière, la capacité de port augmentant à chaque nouveau progrès sur les drones, d'autres traffics illégaux tels que celui des armes ou des faux papiers pourraient bientôt profiter de ce nouveau moyen d'acheminer leurs produits.

 


 

 

III°/Les drones et leurs enjeux militaires: de parfaits soldats

 

Du point de vue militaire, les drones ont également plus que leur mot à dire. Espions parfaits, discrets et capables de surveiller une zone ou une cible avec précision de par les outils de pointe embarqués (caméra visuelle, infrarouge, reconnaissance visuelle, etc.), ils offrent surtout le moyen de pénétrer en territoire ennemie sans pour autant y envoyer des soldats, évitant ainsi de déclencher un acte de guerre pur et simple.

On peut donc imaginer une utilisation de drones espions, contournant ainsi les lois, car s’infiltrant dans le plus grand secret chez l’ennemie.

 

 

 

Des espions

 

Ce prototype de robot insecte est un drone espion équipé d’une caméra avec microphone. Financé par le gouvernement américain, il est conçu pour la surveillance des zones urbaines. Ces drones de taille minuscule sont quasi indétectables. Ce ne sont que des spéculations, mais le robot moustique drone pourrait devenir une réalité prochainement. Ces espions miniatures seront en mesure de prendre des photos, d’enregistrer des conversations et de prélever des échantillons ADN sur les personnes. Ils pourront voler à travers une fenêtre ouverte, s’attacher à nos vêtements et ainsi nous suivre toute la journée dans nos déplacements.

 

 

 Un drone tel que celui là reste également relativement discret (couleurs et formes adaptées) tout en offrant plus de possibilités d’espionnage de part sa taille (il peut en effet emporter une plus grande quantité de materiel).

 


 

 

Des engins tout terrains

 

Lorsque l’on parle de drones militaires, l’image d’un drone aérien s’impose automatiquement dans nos esprits. Mais à côté de ces appareils, les militaires développent des drones militaires terrestres aux fonctions précises (déminage, écoute, découverte…) ayant quant à eux, plutôt un rôle de soutien, voire d’aide matériel. Dans les armées, l’imagination est au pouvoir. La robotique militaire se développe tous azimuts avec un bestiaire illimité : chiens, serpents, mules (les ingénieurs copient souvent les mouvements des animaux pour répondre à des besoins simples) qui accompagneront bientôt les soldats en mission, sans parler d’une infinité de matériels roulants, à roues ou chenilles. 

La première utilité des drones terrestres est de protéger l’humain, c'est-à-dire lui faire faire ce qui est dangereux pour l’homme. La seconde est d’apporter un plus tactique, à savoir voir, sentir, écouter, agir plus loin que ne peut le faire le soldat.

 

Les Américains ont ainsi développé une mule-robot destinée à porter du matériel pour les troupes au sol. L’Alpha Dog LS3 (pour Legged Squad Support System) est un robot autonome sur «pattes», pouvant porter de lourdes charges sur une grande distance, dans le but d’accompagner les militaires sur le terrain et de les soulager du poids de certains de leurs équipements (vu le bruit de l'appareil, il n'est cependant pas certain qu'il entre en service tout de suite).

 

Dans cette vidéo nous voyons un robot mule suivre des soldats lors d'une mission (il détecte une puce émetteur attachée sur la chaussure de l'un des soldats et ne s'en écarte pas de plus d'une dizaine de mètres).

 

Une déclinaison de l'appareil en robot de combat est également possible, il suffit alors simplement de fixer une pièce d'artillerie dur le dessus de la mule.

 

 Toujours en copiant le règne animal, les ingénieurs israéliens ont développé un drone serpent qui rampe dans les herbes, peut s'enrouler autour des branches et qui est également capable d'évoluer dans le milieu aquatique, afin d'atteindre sans bruit les lignes ennemies pour pouvoir les filmer en toute discrétion.

 

 

 

Encore plus incroyable,  des chercheurs du MIT ont développé une technologie portant sur le mouvement et ont réussi à mettre au point un robot, reprenant le mouvement du guépard et capable d'aller plus vite qu'Usain Bolt. On peut l’imaginer effectuant une opération éclaire, visant à porter du matériel ou des informations derrière les lignes ennemies.

 

Pour les militaires, la difficulté est de rendre ces engins opérationnels dans toutes les circonstances (terrains et conditions météo de toute nature, ce qui est bien moins évident que pour un drone aérien, évoluant dans un milieu homogène, le ciel), tout en garantissant leur fiabilité (rusticité, durabilité), leur autonomie (alimentation) et leur communication quel que soit le terrain. Le robot doit en plus ne pas être trop lourd pour pouvoir être porté par les soldats en cas de besoin.

 



Si les Américains ont pris une avance importante (les USA et Israël sont les deux pays les plus en avance : aujourd’hui, il y a plus de 7.000 drones et 12.000 robots terrestres utilisés par toutes les branches de l’armée américaine), la France a elle aussi développé ses propres engins.

 

 

 

 


 

Les maitres du ciel

 

Le Neuron, drone de combat réalisé en coopération européenne (Alenia, Saab, EADS Casa, HAI, RUAG) sous la maîtrise de Dassault Aviation (entreprise française), incarne les technologies les plus pointues de l’aéronautique militaire européenne. Les vols du drone de Dassault, seul appareil européen de ce type, devront notamment valider les capacités de missions air-sol (détection, reconnaissance de cibles au sol), la détectabilité (radar et infrarouge) du design furtif de l’appareil, et les frappes air-sol à partir de la soute interne du drone. 

 

 

 

Il peut atteindre une vitesse maximale de 980 km/h, proche de Mach 1 (1 220 km/h). Cet étrange aéronef, aile volante de 10m de long, 12,5 m d’envergure et 5 tonnes à vide est le futur des drones de combats européens. Il devrait être opérationnel aux alentours de 2025.

 


 

Navigateurs des grands fonds

 

 

Les drones marins, sont pour la plupart scientifiques, et voués à un but d'exploration. Cependant la marine militaire s’intéresse également au potentiel immense des drones. Ainsi, le projet ESPADON (Evaluation de Solutions Potentielles d'Automatisation de Déminage pour les Opérations Navales) destiné à étudier l'utilisation des drones navals dans la lutte anti-mines a vu le jour. Mené par DCNS, Thales et ECA  (DCNS, spécialiste de la conception de plateformes navales, Thales, leader de la détection sous-marine et ECA, spécialiste des drones) il avance à grands pas et vise à développer l'utilisation des drones afin d'affranchir l'équipage du bâtiment porteur des risques liés au déminage. Les premiers essais viennent d’être réalisés en bassin. A l'issue de la phase d'études, un prototype devrait être commandé à un chantier avant juin, pour une mise à l'eau prévue en fin d'année.

Les trois entreprises ont mis en commun leur savoir-faire pour développer une solution comprenant trois composantes.

La première est un navire dédié à la lutte anti-mines, restant à distance de sécurité du champ à traiter. Il déploie et contrôle à bonne distance un ensemble de deux embarcations autonomes, dits « drones de surface », constituant la deuxième partie.

 

 

 Drone de surface développé par ECA

 

 

Ces drones sont programmés pour opérer dans le champ de mines et déployer des capteurs ou robots sous-marins, formant ainsi la troisième composante. Les engins sous-marins interviennent au plus près des mines, permettent de les détecter et de les neutraliser.

 

 

Le drone sous-marin Kster

 

 

Une fois leur mission accomplie, ils rejoignent leurs embarcations autonomes qui, elles-mêmes, regagnent le bateau mère. On notera que ce projet est le premier du genre à voir évoluer un drone de surface mettant lui-même en œuvre des drones sous-marins.

Ce projet commandée par la DGA (Direction Générale de l'Armement) devrait permettre le remplacement des chasseurs de mines de la Marine nationale. Ces bâtiments doivent, en effet, être remplacés à partir à la fin de cette décennie.

 

 


 

 

 

Les limites des drones militaires:

 

Militaires, juristes et associations de défense des droits de l'Homme s'interrogent aujourd'hui sur les dangers d'un système qui pourrait devenir incontrôlable. Une utilisation de drones militaires, outre les avantages certains qu’elle offre, fait peur et à juste titre : les américains se servent déjà de drones pour procéder à des liquidations à l'étranger (au Pakistan et au Yémen), mais ces attaques sont encore dirigées par des êtres humains.
Cependant, des robots capables de tirer automatiquement après validation de l'opérateur ont été déployés sur certaines frontières, comme en Corée. Les armes totalement autonomes n’existent pas encore mais les modèles déjà existants, qui se déclenchent sous supervision humaine, les préfigurent.

 Un drone terrestre tel que celui-ci, équippement de l'armée américaine peut être automatisé, afin de jouer un rôle de sentinelle. il est alors en "veille" et se réactive à l'approche de tout individu non identifié. Les questions que l'on peut se poser sont quelles actions ont été programmées pour entrer en action lorsque le drone se réactive ...